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Point de départ : carrefour Stade de l’Amitié de Kouhounou jusqu’à celui de CFAO Motors. Piste cyclable et espaces piétons occupés par les motocyclistes ; en majorité des fonctionnaires et autres contribuables, se rendant à leurs lieux de travail. Cela fait près d’une heure qu’ils sont toujours dans les rangs, fatigués d’attendre. Atmosphère saturée par les gaz d’échappement, vacarme assourdissant des bruits de moteur, transpiration et suffocation à volonté, les maquillages du matin lâchent les visages et les traces de sueur dessinent leurs contours sous les costumes-cravates. Les plus audacieux prennent sur eux le courage de trainer leurs engins sur la voie bitumée, espace réservée aux quatre roues. Quelques secondes plus tard, c’est la débandade, on fait demi-tour, on roule à contre sens pour échapper à l’assaut des policiers qui tentent désespérément d’arracher les motos à leurs proprétaires. Pendant que les plus vigilants s’en sortent, les plus faibles se font prendre et les plus forts empoignent leur moto à bras le corps et traversent les TPC, dans le mépris total de leur sécurité personnelle. « Qu’est-ce qu’on leur a fait » ; « Qui leur en demande autant » ; « Arrêtez vos conneries et laissez-nous partir » ; « Hier c’était la même scène, on va encore être retard » ; « Allez au diable ! » … Ainsi s’énoncent, quelques-unes des pensées et propos que fulminaient ce jeudi 23 novembre, la plupart des usagers, sans écarter ceux qui souhaitent ouvertement la mort à nos forces de l’ordre et de sécurité publiques.
Que s’est-il réellement passé ?
Selon plusieurs témoignages, les policiers postés aux points sus-indiqués ont décidé depuis le mardi 21 novembre dernier, de procéder à la saisie des motos dont les conducteurs n’auraient pas bouclé la sangle de leur casque. Parfois ce sont les papiers de l’engin qui sont réclamés pour la circonstance : un contrôle inopiné qui survient au moment où les usagers déjà sous stress, sont préoccupés par leur présence au lieu de travail. Pourquoi pas une telle vérification depuis les communes voisines et c’est à l’entrée de Cotonou que l’humeur matinale est saquée pour des détails ? En quoi cette action initiée ces tous derniers jours par les policiers postés au carrefour CFAO Motor, plus connu sous le nom de Cica Toyota, serait-elle vraiment opportune ? Quelle est son urgence ? Qui l’a pensée et soumise pour qu’elle soit validée et ainsi appliquée ? Le Commissariat central de Cotonou serait-il détaché de tout lien d’avec ses homologues des communes voisines ? A-t-il un mode de fonctionnement propre ? Autant de questions qui auraient pu ne pas rester sans réponses, si les policiers surplace présentaient un visage plus clément et ouvert au dialogue.
Nul ne saurait nier que même au sein des sociétés primitives, il existe des formes de maintien de l’ordre et de la sécurité sans laquelle, la discipline sociale ne serait que de la poésie. Au lieu de le mettre en confiance, aujourd’hui, il est triste de remarquer que la vue du policier effraye le béninois. De nos jours, dans nos grandes villes, les usagers préfèrent éviter ces hommes en uniforme qui les voient comme des tirelires ambulantes. Le rôle du policier qui est de protéger et de secourir, au-delà sa fonction de force de l’ordre, semble laisser place à celui du renfloueur des poche personnelles et par ailleurs des caisses de l’Etat. Le tableau dépeint ce matin ne s’inscrit en rien dans la vision du PAG du Président Patrice Talon, à propos de la libre circulation des personnes et des biens. Afin de corriger cette image, ce blog prête sa voix aux usagers de la route pour crier leur appel au secours à Sacca Lafia, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique.