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Présentez-nous votre livre !
Mon ouvrage : « Les sommets de la gloire » est tout simplement un récit de ma vie privée. Il parle de mon enfance passée dans la pauvreté et la misère et qui ne donnait aucune chance à quelqu’un de cette condition de réussir dans la vie. Cet ouvrage a abordé mon parcours scolaire, primaire et secondaire, puis universitaire. J’ai regretté de n’y avoir pas dit quelques mots sur ma carrière professionnelle, la façon dont elle s’est déroulée jusqu’à mon admission à la retraite. Après tout, il s’agit d’un récit autobiographique qui relate le parcours de ma vie. Tout devrait y être.
En effet, à la fin de mes études supérieures en qualité d’ingénieur des industries textiles, à l’École nationale des industries textiles (ENSAIT) de Roubaix, le directeur de l’École m’a appelé et m’a remis deux offres de deux entreprises industrielles. Elles opéraient toutes les deux dans le textile et étaient installées en Côte d’Ivoire. Ces deux entreprises recherchaient des ingénieurs africains diplômés de l’ENSAIT. C’était à moi que le directeur avait donné les deux offres. Un regard sur ce fait. Pourquoi le directeur m’a-t-il remis les deux offres ? À moi seul. Nous étions pourtant cinq Africains, dont deux du Bénin, un du Togo, un du Cameroun et un de la Tunisie. J’étais donc considéré comme le meilleur. C’est là un sommet de la gloire. J’étais très fier et content de moi-même. J’ai fait mon choix et j’ai pris service en Côte d’Ivoire et à Bouaké.
Je n’ai pas duré à ce poste. À vrai dire, je ne saurais expliquer comment brutalement il m’était arrivé à l’esprit de retourner au Bénin, où il n’y avait aucune place pour ma formation. Mais, mes amis, qui se trouvaient déjà bien installés au Bénin, me demandaient de revenir pour la Révolution politique. J’étais revenu au pays, mais ce n’était pas sous leur influence. J’avais pris service au ministère de l’Industrie et du Commerce en janvier 1975. Le directeur de l’Industrie dans ce ministère, très tôt, a aimé ma collaboration et m’envoyait le représenter à d’importantes réunions. Quelques mois après ma prise de service au ministère, c’était à des postes de Directeur Général Adjoint, de Directeur Général de sociétés d’État qu’on pouvait me voir jusqu’à la retraite. Là aussi, pour moi c’était un sommet de la gloire.
À ces heureuses occasions, au cours d’un voyage avec le Président de la République du Bénin, j’étais à table, au Kremlin, à Moscou avec les deux Chefs d’État, en train de manger les meilleurs repas. Alors je me suis demandé intérieurement si c’était vraiment moi. C’était encore un sommet de la gloire. Je venais de très bas. J’ai eu les mêmes sensations en Corée du Nord, en compagnie du Président de cet État, recevant son homologue du Bénin, mon Président que j’accompagnais. J’ai terminé ce bonheur en Chine. C’était un grand honneur, une célébrité, un sommet de la gloire, comparé au bas niveau d’où je venais.
Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Une nuit, après un court moment de sommeil, l’insomnie s’est résolument installée. Les horribles tableaux de la vie que j’ai eu à passer chez mon oncle, le frère de ma mère, ont envahi mon esprit. Le film s’est mis à se dérouler, passant des moments de misère au des circonstances inattendues, de l’enfance à l’âge adulte, de mes désirs ardents d’aller à l’école, malgré l’inexistence d’un chemin pour y arriver. Bref, j’ai fait tout mon parcours jusqu’à la retraite. Alors, je me suis dit que mes dix enfants, garçons et filles qui ont tous obtenu des diplômes supérieurs, ne sauraient jamais qui était leur père. Je me suis levé cette nuit-là et je me suis mis à écrire. J’ai un ensemble d’ordinateur, unité centrale et imprimante dans ma cambre à coucher. Voilà comment est arrivé « Les Sommets de la gloire”.
À quels lecteurs s’adresse votre ouvrage ?
Aux jeunes de l’école primaire et secondaire, principalement. Pour qu’ils prennent conscience qu’acquérir le savoir n’exige pas de la richesse, encore moins d’avoir des parents nantis. Il faut en avoir le désir, un désir ardent et de la volonté d’aller loin dans les études. Les jeunes doivent apprendre aussi que tout dépend d’eux-mêmes et avoir confiance en eux-mêmes.
Mon ouvrage s’adresse à tous ceux qui ont la noble mission de porter le savoir à la génération future. C’est sur le banc de l’école qu’on découvre les savants ou tout simplement les grands spécialistes. Et ceux-là se trouvent dans les milieux où est logée la pauvreté ou la misère. Je me réfère à l’histoire de Gutenberg, qui vient d’une famille très pauvre. Il s’est inscrit pour passer, à l’époque, le concours d’entrée à l’École Polytechnique. Le jour du concours, il portait des sabots comme chaussures. Tout le monde le regardait. Les autres candidats richement habillés disaient de lui, s’il ne s’était pas trompé d’établissement. C’était Gutenberg, le premier à ce concours.
Mon ouvrage s’adresse à ceux qui aiment un récit autobiographique. Il n’y en a pas souvent beaucoup, à mon avis.
Mon ouvrage s’adresse à tous mes amis : « Ah ! Isidore a écrit un livre ? J’achète ».
Les Sommets de la gloire, en existe-t-il plusieurs dans nos vies individuelles ? Si oui, quels liens peut-on établir entre eux ?
Ma réponse est : « Oui ».
Tout individu évolue, en passant par des étapes : physiquement, intellectuellement et spirituellement. Il peut arriver qu’à une étape, on soit dans la vallée, très en bas de l’échelle. Soit, on est découragé, parce qu’on n’a aucune confiance en soi pour espérer sortir de la vallée. On y demeure. On n’est pas au sommet pour connaître et savourer la joie, la célébrité, l’honneur qu’on ressent. Par contre à l’inverse, c’est le sommet de la gloire. À chaque fois qu’un individu, par ses efforts, sa volonté d’aller de l’avant, de lutter pour aller plus loin et par conséquent, il ressent le bonheur mérité, il s’est hissé au sommet de la gloire. Il a cette brillante renommée qui lui appartient. Voilà donc les liens que moi je peux établir. Au cours de mon parcours, je n’avais plus la certitude de grimper et aller au sommet de la montagne. Mais sans me décourager, je continue de fournir mes efforts avec le désir de réussir. Puis, me voici en haut, que je baptise le « sommet de la gloire ». Un mérite que je savoure en quelque sorte.
Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
J’ai voulu affirmer que le destin existe et que chaque individu a son destin. Mais qu’on le sache ou non, il conduit toujours à destination.
J’ai voulu dire aussi aux lecteurs qu’il faut avoir un désir ardent d’aller plus loin et y ajouter le courage, la persévérance.
Où puisez-vous votre inspiration ?
Un vieil ami du Lycée au Bénin et de parcours universitaire, à Paris, à l’époque, m’avait déjà posé la question suivante quand il a lu le livre : “Isidore, comment as-tu eu l’idée d’écrire un livre ? Raconte-moi”.
À vrai dire, je voudrais montrer ma fierté de m’être hissé à ces hauteurs alors que je venais d’une famille pauvre, d’une grande misère. N’est-ce pas que je voulais combler un vide ? Un récit autobiographique n’est-il pas de rechercher un égo ? Mon inspiration vient du fait que j’avais le désir de montrer à mes enfants et à d’autres que je suis un héros. Il faut oser pour parler de soi sans modestie. Un ami me félicitant, au moment du lancement du livre, m’a laissé entendre qu’il n’y a pas beaucoup d’ouvrages autobiographiques au Bénin. La modestie empêche de parler de soi-même.
Avez-vous d’autres projets d’écriture pour l’avenir ?
Oui, après la publication de « Les sommets de la gloire ». Mais quand j’ai fait le compte investissements-recettes, j’ai vite déposé ma plume.
Sinon, j’avais prévu d’écrire sur les difficultés de s’associer au Bénin pour créer et faire développer des affaires. J’ai la certitude qu’individuellement personne ne peut créer et faire vivre une entreprise de grande envergure sur le long terme. Il faut être ensemble. J’ai effacé les projets d’écriture de ma tête.
Un dernier mot pour les lecteurs ?
Je souhaite une agréable lecture à tous mes lecteurs. L’ouvrage « Les sommets de la gloire » est simple à lire. Il est très utile aux adolescents. C’est une aide importante que mes lecteurs peuvent apporter à leurs enfants en les encourageant à lire « Les sommets de la gloire ».