Bénin Monde est un blog d'actualité, de Ressource et d'analyse sur les faits marquants au Bénin et du monde.
Sables, feuillage mort, mauvaises herbes gagnant son plein épanouissement sur des voies pavées défaites… sont au menu de bienvenue. En effet, les captures d’images soutenant cet article ont été prises sur les rues 5.090 ; 5.095 et 5.096, menant directement à la résidence du Président Talon, en quittant la direction générale de la maison de téléphonie GSM située sur l’Avenue Jean-Paul II. Une armée de points d’interrogations qui laisse le visiteur complètement renversé et sans mot. Ainsi se décrit l’état d’âme de notre équipe de rédaction qui a parcouru dans la matinée de ce jeudi 10 octobre, deux rues bien particulières de la zone résidentielle de Cotonou la belle. Un groupe de visiteurs étrangers sillonnant la même rue n’a pu vraiment dissimuler son choc face à cette pollution visuelle. Savaient-ils qu’ils foulaient les allées conduisant à la résidence privée du Président de la République ?
Et pourtant ce même jour au journal télévisé de 13 heures sur la chaîne nationale, Lambert K. Ayitchehou, Directeur des Services techniques de la Mairie de Cotonou a soutenu avec beaucoup de sérénité que : « tout ce qui a été programmé conformément aux différents contrats eus, se fait normalement. Les prestataires de la ville sont à l’œuvre : artères débarrassées de ses immondices et collecteurs en plein curage, en prévision aux prochaines inondations ». Selon des indiscrétions, toute la ville serait traitée par un seul prestataire, non plus par deux, comme à l’époque d’avant la transition. Il s’agit des sociétés : HYSAA SA et GLASSEM SA. Les activités d’assainissement en question concernent les désensablements manuel et mécanisé ; le curage des collecteurs primaires et secondaires ; la collecte des déchets solides et ménagers et leur transfert au Lieu d’enfouissement sanitaire (LES) situé à Ouèssè dans la commune de Ouidah.
Ce seul prestataire serait-il essoufflé ? manquerait-il de moyens ? Les constats sur le terrain nous donnent bien le droit de se le demander. Pourquoi de deux prestataires, l’on est réduit à seul alors que les textes de loi sur la décentralisation, présentant la ville de Cotonou répartie en deux lots, stipulent qu’un seul prestataire ne pourrait opérer sur l’intégralité de la ville ? si tel est le cas comment les marchés ont-ils été attribués?
Préfecture, Mairie, textes de Loi, Décentralisation : une grosse nébuleuse aux contours flous. Pendant que des politiques se font des guerres d’intérêts et les médias relaient des infos que la réalité trahit, les compatriotes croupissent sous le poids de l’incertitude du lendemain et du cadre de vie exposé sur une civière.